Les danses culturelles turques sont un miroir vivant de l’histoire du pays : chaque région, chaque communauté raconte son passé à travers le mouvement, le rythme et le costume. De la mer Noire à l’Anatolie du Sud-Est, ces danses accompagnent mariages, fêtes et cérémonies depuis des siècles. Voici un panorama des danses traditionnelles que vous pourrez découvrir lors d’un séjour à Istanbul et en Turquie.
Danses folkloriques
Horon (mer Noire)
Le horon est la danse emblématique de la région de la mer Noire. Dansé en ligne ou en cercle, souvent au son du kemençe, il se distingue par ses mouvements rapides des épaules et des pieds, évoquant le frétillement des anchois dans les filets des pêcheurs. Son tempo effréné reflète le caractère vif des habitants de la région.
Zeybek (Égée)
Le zeybek, danse des montagnes égéennes, est tout le contraire : lent, solennel et majestueux. Le danseur, bras ouverts comme un aigle planant, exécute des figures amples et des génuflexions qui symbolisent le courage et l’honneur des efe, les héros populaires de la région.
Halay (Anatolie de l’Est et du Sud-Est)
Le halay est sans doute la danse la plus répandue lors des mariages turcs. Les danseurs se tiennent par le petit doigt ou par l’épaule et forment une chaîne qui ondule au rythme du davul (grand tambour) et de la zurna (hautbois traditionnel). Simple à rejoindre, il incarne la solidarité et la joie collective.
Bar (Erzurum)
Originaire d’Erzurum et de l’Anatolie du Nord-Est, le bar est une danse de groupe disciplinée, aux pas synchronisés et à l’allure noble. Hommes et femmes le dansent séparément ou ensemble, dans des costumes richement brodés.
Sema (Konya, derviches tourneurs)
Le sema des derviches mevlevis n’est pas une danse au sens folklorique, mais une cérémonie spirituelle inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Le derviche tourne sur lui-même, une main tournée vers le ciel et l’autre vers la terre, dans une quête d’union avec le divin. Assister à un sema à Istanbul ou à Konya est une expérience profondément émouvante.
Çiftetelli (dans tout le pays)
Le çiftetelli est la danse festive par excellence : rythme entraînant, mouvements improvisés des hanches et des bras, sourires et participation de tous. On le danse aux mariages comme aux soirées entre amis — et souvent à bord des bateaux du Bosphore, notamment lors d’une croisière dîner sur le Bosphore où musique live et danse accompagnent la soirée.
Kaşık Oyunları — danses des cuillères (Anatolie centrale et Méditerranée)
Dans ces danses pleines de charme, les danseurs tiennent des cuillères en bois dans chaque main et les font claquer en rythme. Répandues autour de Konya, Silifke et de la côte méditerranéenne, elles allient musicalité et virtuosité.
Kafkas Dansı — danse caucasienne (Anatolie du Nord-Est)
Héritée des peuples du Caucase, cette danse spectaculaire oppose la grâce aérienne des danseuses aux figures athlétiques des danseurs, qui évoluent parfois sur les pointes des pieds. Costumes noirs, poignards et tempo galopant en font un spectacle saisissant.
Danses modernes et populaires
Oryantal Dans
La danse orientale occupe une place à part dans la culture urbaine turque. Présente dans les cabarets, les mariages et les spectacles touristiques, elle se caractérise par des mouvements ondulants du buste et des hanches, sur des rythmes de darbouka.
Tango
Introduit à Istanbul au début du XXe siècle, le tango y a trouvé un public fidèle. La ville compte aujourd’hui de nombreuses milongas et festivals, témoignant de l’ouverture d’Istanbul aux cultures du monde.
Conclusion
Des cercles endiablés du horon aux rotations méditatives des derviches, les danses turques offrent un raccourci fascinant vers l’âme du pays. Lors de votre passage à Istanbul, ne manquez pas l’occasion d’en voir — ou d’en danser — au moins une : c’est souvent là que naissent les plus beaux souvenirs de voyage.





















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